Le violon frémit comme un cœur qu’on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige.
5 mois et 10 jours,
5 mois et 10 jours durant lesquels j'ai découvert tellement de choses.
J'ai été, par les curiosités de ce pays, tantôt déçu, tantôt ébloui. Et tout comme Lorie (qui semble être ici la chanteuse nationale), Tu quelque chose de bien particulier m'a ensorcelé.
Je suis tombé sous le charme d'un geste. Geste quotidien, insignifiant et routinier pour les franciliens qui y sont mornement habitués, mais tellement empli d'intelligence, de légalité, et d'hommages aux progrès scientifiques pour moi.
Quand à la douce mélodie accompagnant ce mouvement merveilleux, je dis qu'elle seule aurait justifié ma venue en ce pays. Pays devant lequel j'offre mon respect le plus profond pour m'offrir la chance, ainsi qu'à tous les autres, conscients ou pas de leur chance, d'effectuer cette gracieuse secousse contrôlée du bras droit.
Im Herzen wird es leerer - ein Teil geht nun von mir
Nichts hat uberlebt
Wir haben schweigend uns schon lange getrennt
Und mit jedem Tag "Wir"
Wuchs die Luge unserer Liebe
Und je weiter wir den Weg zusammen gingen
Desto weiter haben wir uns voneinander entfernt
Chimène
Elvire, où sommes-nous, et qu’est-ce que je vois ?
Rodrigue en ma maison ! Rodrigue devant moi !
Don Rodrigue
N’épargnez point mon sang ; goûtez, sans résistance,
La douceur de ma perte et de votre vengeance.
Chimène
Hélas !
Don Rodrigue
Hélas ! Écoute-moi.
Chimène Hélas ! Écoute-moi. Je me meurs.
Don Rodrigue
Hélas ! Écoute-moi. Je me meurs. Un moment.
Chimène Va, laisse-moi mourir.
Don Rodrigue
Va, laisse-moi mourir. Quatre mots seulement ;
Après, ne me réponds qu’avecque cette épée.
Chimène
Quoi ? du sang de mon père encor toute trempée !
Don Rodrigue
Ma Chimène…
Chimène
Ma Chimène… Ôte-moi cet objet odieux
Qui reproche ton crime et ta vie à mes yeux.
Don Rodrigue
Regarde-le plutôt pour exciter ta haine,
Pour croître ta colère, et pour hâter ma peine.
Chimène Il est teint de mon sang.
Don Rodrigue
Il est teint de mon sang. Plonge-le dans le mien,
Et fais-lui perdre ainsi la teinture du tien.
Chimène
Ah ! quelle cruauté, qui tout en un jour tue
Le père par le fer, la fille par la vue !
Ôte-moi cet objet, je ne puis le souffrir : Tu veux que je t’écoute, et tu me fais mourir !
Ein Meer voller Seelen
Doch so allein bleibt der Mensch
In sich verschlossen
Er redet viel zu viel
Doch sagt er nichts - nichts gibt er preis
Nichts nimmt er auf
Nur die Fassade schmückt er
Treu . . .
Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d’étranges fleurs sur des étagères,
Écloses pour nous sous des cieux plus beaux.
Usant à l’envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.
Un soir fait de rose et de bleu mystique,
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d’adieux ;
Et plus tard un Ange entr’ouvrant les portes
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes.
UN NAVIRE A L'HORIZON
Je suis la tombe aussi, j 'emporte les proscrits.
L'ÉPÉE
Attendons le tyran.
HARMODIUS
J'ai froid. Quel vent !
LE VENT
Je passe.
Mon bruit est une voix. Je sème dans l'espace
Les cris des exilés, de misère expirants,
Qui sans pain, sans abri, sans amis, sans parents,
Meurent en regardant du côté de la Grèce.
VOIX DANS L'AIR
Némésis ! Némésis ! lève-toi, vengeresse !
L'ÉPÉE
C'est l'heure. Profitons de l'ombre qui descend.
LA TERRE
Je suis pleine de morts.
LA MER
Je suis rouge de sang.
Les fleuves m'ont porté des cadavres sans nombre.
LA TERRE
Les morts saignent pendant qu'on adore son ombre.
À chaque pas qu'il ait sous le clair firmament
Je les sens s'agiter en moi confusément.
UN FORÇAT
Je suis forçat, voici la chaîne que je porte,
Hélas ! pour n'avoir pas chassé loin de ma porte
Un proscrit qui fuyait, noble et pur citoyen.
L'ÉPÉE
Ne frappe pas au cœur, tu ne trouverais rien.
LA LOI
J'étais la loi, je suis un spectre. Il m'a tuée.
LA JUSTICE
De moi, prêtresse, il fait une prostituée.
LES OISEAUX
Il a retiré l'air des cieux et nous fuyons.
LA LIBERTÉ
Je m'enfuis avec eux - ô terre sans rayons,
Grèce, adieu !
UN VOLEUR
Ce tyran, nous l'aimons. Car ce maître
Que respecte le juge et qu'admire le prêtre,
Qu'on accueille partout de cris encourageants,
Est plus pareil à nous qu'à vous, honnêtes gens.
LE SERMENT
Dieux puissants ! à jamais, fermez toutes les bouches !
La confiance est morte au fond des cœurs farouches.
Homme, tu mens ! Soleil, tu mens ! Cieux, vous mentez !
Soufflez, vents de la nuit ! emportez, emportez
L'honneur et la vertu, cette sombre chimère !
LA PATRIE
Mon fils ! Je suis aux fers. Mon fils, je suis ta mère !
Je tends les bras vers toi du fond de ma prison.
HARMODIUS
Quoi ! le frapper, la nuit, rentrant dans sa maison !
Quoi ! devant ce ciel noir, devant ces mers sans borne !
Le poignarder, devant ce gouffre obscur et morne,
En présence de l'ombre et de l'immensité !
LA CONSCIENCE
Tu peux tuer cet homme avec tranquillité !